Ressources & Blog technique

L'IRVE,
sans jargon inutile

Guides pratiques rédigés par Kevin Hamel, ingénieur INSA Lyon et expert IRVE depuis 2012. Des articles qui vont droit au but.

Guide technique 8 min de lecture
Mars 2026

AC vs DC : quelle recharge choisir pour votre projet IRVE ?

Le choix entre courant alternatif et courant continu impacte directement votre raccordement ENEDIS, vos coûts et votre délai de mise en service.

Réglementation 10 min de lecture
Février 2026

Raccordement ENEDIS pour une IRVE : les 6 étapes à ne pas rater

Demande de raccordement, DICT, délais d'instruction — décryptage complet pour ne pas perdre 3 mois sur votre projet.

Innovation 7 min de lecture
Janvier 2026

OCPP 1.6 vs 2.0 : comment choisir son protocole de supervision ?

Load balancing, tarification dynamique, intégration PV — tout ce qu'il faut savoir pour réduire sa facture énergétique de 30%.

Retour d'expérience 9 min de lecture
Avril 2026

Concevoir une centrale HPC 350 kVA : les 7 points critiques

Raccordement HTA, redondance réseau, thermique des cabines, gestion des puissances de pointe — tout ce qu'on n'apprend que sur le terrain.

Guide technique 7 min de lecture
Mars 2026

Dimensionner une flotte électrique : la méthode terrain

Taux de simultanéité, profils de charge, load balancing — comment calculer exactement la puissance dont vous avez besoin pour votre flotte sans sur-raccorder.

Réglementation 6 min de lecture
Février 2026

Décret IRVE 2023 : ce qui change pour les parkings

Depuis le 1er janvier 2023, les obligations IRVE s'appliquent à de nouveaux types de bâtiments. Ce que vous devez savoir si vous gérez un parking de plus de 10 places.

Guide technique

AC vs DC : quelle recharge choisir
pour votre projet IRVE ?

8 min de lecture Kevin Hamel Mars 2026

C'est la question que me posent 90% de mes clients au premier échange : faut-il installer des bornes AC ou DC ? La réponse dépend entièrement de votre usage. Voici comment j'y réponds après 13 ans sur le terrain.

Comprendre la différence fondamentale

Tous les véhicules électriques fonctionnent en courant continu (DC). La batterie est DC, le moteur est DC. La différence entre AC et DC en recharge, c'est simplement où se trouve le convertisseur :

  • Borne AC : le courant alternatif du réseau entre dans le véhicule, qui dispose de son propre chargeur embarqué (OBC — On-Board Charger) pour convertir en DC. L'OBC est limité en puissance (en général 7,4 ou 11 kW, parfois 22 kW).
  • Borne DC : la conversion AC→DC se fait dans la borne elle-même, qui délivre directement du courant continu à la batterie. La puissance peut atteindre 350 kW, contournant la limitation de l'OBC.

La recharge AC : pour quel usage ?

La recharge AC est idéale lorsque le véhicule reste stationné plusieurs heures. On parle de charge lente à modérée :

  • Monophasé 3,7 kW — résidentiel, petites installations
  • Triphasé 7,4 kW — standard bureaux, parkings résidentiels
  • Triphasé 11 kW — standard professionnel
  • Triphasé 22 kW — maximum autorisé sur réseau BT public en France

💡 Règle pratique : si vos utilisateurs garent leur véhicule plus de 3 heures (bureau, hôtel, résidence), la recharge AC 22 kVA est suffisante et économique. C'est le cas de 80% des projets de flotte et de parking que je traite.

Les bornes AC présentent plusieurs avantages structurels : coût d'équipement 3 à 5× plus faible qu'en DC, installation électrique plus simple (section de câble moindre), raccordement ENEDIS plus rapide et sans surcharge réseau.

La recharge DC : quand en avez-vous besoin ?

La recharge DC s'impose lorsque le temps de stationnement est court et que l'utilisateur a besoin de récupérer une autonomie significative rapidement :

  • DC 50 kW — recharge rapide standard (30-45 min pour 80% de batterie)
  • DC 150 kW — semi-rapide, stations retail
  • DC 350 kW — ultra-rapide, autoroutes, HPC (10-20 min pour 80%)

Cas d'usage typiques : dépôts de bus électriques, stations sur axes routiers, parkings de transit courte durée, hubs logistiques Last Mile Delivery (IKEA, Amazon, UPS — des projets que j'ai traités pour FLEXIS).

Comparatif décisionnel

CritèreAC 22 kWDC 50–150 kWDC 350 kW (HPC)
Coût borne (unitaire)1 500–3 000 €15 000–25 000 €50 000–80 000 €
Coût installationFaibleMoyenÉlevé (souvent HTA)
Temps de charge (VE 60 kWh)3–4h30–50 min10–20 min
Raccordement ENEDISBT, rapideBT renforcéHTA souvent nécessaire
Usage idéalParking longue duréeParking 1–2h, flotteAutoroute, transit

Mon conseil terrain

Dans la plupart des projets de bureau, parking ou flotte, le mixte AC + quelques DC est la solution optimale : 80% des bornes en AC 22 kW pour les utilisateurs réguliers, et 1 ou 2 bornes DC 50 kW pour les visiteurs ou les urgences. C'est ce que j'ai déployé pour La Poste, Orange et plusieurs concessions Volkswagen.

Ne surestimez pas vos besoins en DC. J'ai vu des entreprises installer des bornes 150 kW à grands frais pour des véhicules dont l'OBC ne dépasse pas 11 kW. L'argent part littéralement dans le câble inutilisé.

Besoin d'un dimensionnement adapté à votre projet ?

Je réalise une étude de conception IRVE complète : AC, DC, mixte — avec note de calcul Caneco et dossier ENEDIS prêt à déposer.

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Réglementation

Raccordement ENEDIS pour une IRVE :
les 6 étapes à ne pas rater

10 min de lecture Kevin Hamel Février 2026

Parmi toutes les erreurs que j'observe dans les projets IRVE que je prends en cours de route, l'anticipation du raccordement ENEDIS est de loin la plus fréquente et la plus coûteuse. Des projets bien dimensionnés techniquement se retrouvent bloqués 6 mois à cause d'un dossier incomplet ou d'une demande tardive.

Voici le processus exact, étape par étape, tel que je le gère pour mes clients.

Étape 1 — Évaluer la puissance nécessaire

Avant toute démarche ENEDIS, il faut savoir quelle puissance vous allez demander. C'est le travail de l'étude de dimensionnement électrique : calcul du bilan de puissance, analyse de la charge simultanée (tous les véhicules ne chargent jamais en même temps), intégration éventuelle du smart charging.

La puissance demandée détermine tout : le type de raccordement (BT ou HTA), le coût, et les délais. Ne déposez jamais une demande ENEDIS sans cette étude préalable. J'ai vu des maîtres d'ouvrage demander 200 kW alors qu'ils auraient pu s'en sortir avec 80 kW grâce au load balancing — soit une économie de raccordement de 40 000 €.

Étape 2 — La demande de raccordement

La demande se fait sur raccordement.enedis.fr ou via votre installateur agréé. Vous devez fournir :

  • L'adresse exacte et les références cadastrales du site
  • La puissance souhaitée en kVA
  • Le type d'installation (neuve ou modification)
  • Un plan de situation et un plan de masse
  • La note de calcul justificative (fournie dans l'étude LAWATT)

ENEDIS vous envoie ensuite une Proposition Technique et Financière (PTF) sous 3 semaines pour une demande BT standard, jusqu'à 3 mois pour une demande HTA.

Étape 3 — La DICT (Déclaration d'Intention de Commencement de Travaux)

Avant tout travaux à proximité de réseaux existants, la DICT est obligatoire (décret du 5 octobre 2011). Elle se fait via reseaux-et-canalisations.ineris.fr. Toute intervention sans DICT peut engager la responsabilité civile et pénale du maître d'ouvrage.

Délai : déposer la DICT au minimum 10 jours ouvrés avant le début des travaux. Les gestionnaires de réseaux ont 9 jours pour répondre.

Étape 4 — Instruction et chiffrage

À réception de la PTF, vous disposez de 3 mois pour l'accepter (ou la refuser). La PTF précise :

  • Le coût de raccordement (à la charge du demandeur)
  • Les travaux ENEDIS nécessaires (extension de réseau, modification de poste)
  • Le délai de réalisation estimé

C'est à cette étape que la qualité du dossier initial paie : un dossier bien monté génère rarement de demandes de complément, contrairement à un dossier incomplet qui peut être renvoyé plusieurs fois.

Étape 5 — La convention de raccordement

Après acceptation de la PTF, ENEDIS envoie la convention de raccordement à signer. Ce document formalise les obligations des deux parties. Il précise notamment les conditions techniques de raccordement et les délais contractuels.

Étape 6 — Consignation et mise en service

Les travaux d'installation IRVE peuvent se dérouler en parallèle des travaux ENEDIS. La mise en service intervient après :

  • Vérification de conformité de l'installation par un organisme agréé (Consuel pour le BT)
  • Transmission de l'attestation Consuel à ENEDIS
  • Prise de rendez-vous pour la mise sous tension

Les délais réalistes en 2026

Type de raccordementDélai PTFDélai travaux ENEDISTotal estimé
BT ≤ 36 kVA (simple)3 semaines4–6 semaines2–3 mois
BT 36–250 kVA3–6 semaines6–12 semaines3–5 mois
BT > 250 kVA ou HTA8–12 semaines4–8 mois6–12 mois

Mon conseil : commencez les démarches ENEDIS dès la validation du projet, en parallèle des études d'exécution. Ne les traitez pas comme une formalité post-étude.

Je gère vos dossiers ENEDIS de A à Z

Demande de raccordement, DICT, suivi de l'instruction jusqu'à la mise en service. Dossiers complets livrés directement exploitables.

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Innovation

OCPP 1.6 vs 2.0 : comment choisir
son protocole de supervision IRVE ?

7 min de lecture Kevin Hamel Janvier 2026

OCPP (Open Charge Point Protocol) est le standard de communication entre les bornes de recharge et les systèmes de supervision (CSMS — Charge Station Management System). Si vous gérez plus d'une dizaine de bornes, choisir le bon protocole et le bon CSMS peut vous faire économiser 20 à 35% sur votre facture énergétique.

OCPP : à quoi ça sert concrètement ?

Sans OCPP, chaque borne est une île. Vous ne savez pas si elle est disponible, en panne ou en charge. Vous ne pouvez pas moduler la puissance en fonction de la disponibilité réseau. Vous ne pouvez pas tarifer différemment selon les utilisateurs.

Avec OCPP, vous disposez d'un tableau de bord centralisé qui vous permet de :

  • Monitorer en temps réel l'état de chaque borne
  • Piloter la charge intelligemment (load balancing)
  • Gérer les droits d'accès par badge RFID ou application
  • Facturer les sessions à vos utilisateurs ou locataires
  • Générer des rapports de consommation par véhicule
  • Intégrer la production photovoltaïque pour maximiser l'autoconsommation

OCPP 1.6 : le standard mature

Publié en 2015, OCPP 1.6 est aujourd'hui le protocole le plus répandu dans le monde. Plus de 90% des bornes installées en France sont compatibles OCPP 1.6. Il couvre les fonctions essentielles : démarrage/arrêt de session, facturation, gestion des utilisateurs, mise à jour firmware.

Avantages : compatibilité universelle, large choix de CSMS, déploiement immédiat sans risque d'incompatibilité.

Limites : pas de communication bidirectionnelle robuste (V2G limité), sécurité moins avancée que 2.0.1, gestion énergétique moins fine.

OCPP 2.0.1 : l'avenir, mais pas pour tout le monde

OCPP 2.0.1 (2020) apporte des améliorations substantielles : sécurité TLS renforcée, gestion fine de la tarification dynamique, support natif du V2G (Vehicle-to-Grid), meilleure gestion des smart charging profiles.

⚠️ Attention : en avril 2026, moins de 30% des bornes sur le marché supportent nativement OCPP 2.0.1. Vérifiez la compatibilité réelle de vos équipements avant de spécifier ce protocole dans votre CCTP.

Comment choisir son CSMS ?

Le CSMS (votre logiciel de supervision) est aussi important que le protocole. Voici les critères que j'applique pour mes clients :

  • Compatibilité OCPP : 1.6 minimum, 2.0.1 si votre roadmap l'exige
  • Load balancing : indispensable si vous avez plus de 5 bornes — permet de moduler la puissance totale sans dépasser votre contrat ENEDIS
  • Intégration PV : si vous avez des panneaux solaires, choisissez un CSMS capable de piloter la recharge en fonction de la production
  • Open source vs propriétaire : les solutions open source (everest, citrineos) offrent plus de flexibilité ; les solutions propriétaires (Monta, Kempower Control, Schneider EVlink Pro) sont plus clé en main
  • Coût : entre 0 (open source auto-hébergé) et 3€/borne/mois (SaaS)

Le gain énergétique réel du load balancing

Prenons un exemple concret : 20 bornes AC 22 kW sur un parking d'entreprise, contrat ENEDIS de 160 kVA. Sans load balancing, vous ne pouvez alimenter que 7 bornes simultanément à pleine puissance. Les 13 autres restent éteintes.

Avec load balancing OCPP, le CSMS répartit intelligemment les 160 kVA disponibles entre tous les véhicules en charge. Si 15 véhicules sont branchés, chacun reçoit environ 10,5 kW. Sur une nuit de 8 heures, chaque véhicule récupère ~84 km d'autonomie. C'est suffisant pour 95% des usages professionnels quotidiens.

Le résultat : 0 surpuissance ENEDIS, 0 pénalité, 100% des véhicules chargés. J'ai obtenu des économies de 25 à 40% sur la facture d'énergie pour des flottes de La Poste en appliquant ce principe.

Besoin d'intégrer la supervision à votre projet IRVE ?

Je spécifie, sélectionne et intègre la solution OCPP adaptée à votre contexte : CSMS open source ou propriétaire, load balancing, intégration PV.

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Retour d'expérience

Concevoir une centrale HPC 350 kVA : les 7 points critiques

9 min de lecture Kevin Hamel Avril 2026

Depuis 2012, j'ai conçu des bornes de recharge allant de 3 kW à 350 kW. Les centrales HPC (High Power Charging) sont dans une catégorie à part : elles concentrent des contraintes électriques, thermiques et réglementaires que l'on ne rencontre nulle part ailleurs. Voici les 7 points que toute étude HPC doit absolument traiter.

1. Le raccordement HTA est souvent inévitable

Une centrale HPC de 4 à 6 stalls à 350 kVA représente 1 400 à 2 100 kVA de puissance installée. Même avec un taux de simultanéité de 50%, vous atteignez rapidement les limites du réseau BT. Au-delà de 250 kVA de puissance souscrite, le raccordement HTA s'impose généralement.

Conséquences : délais ENEDIS de 6 à 12 mois minimum, coûts de raccordement multipliés par 4 à 6 par rapport au BT, et obligation de créer ou rénover un poste de transformation. Ces éléments doivent être intégrés au budget dès la phase d'étude de faisabilité.

2. La redondance réseau : pas une option pour une centrale commerciale

Une centrale HPC en panne pendant 48h sur un axe autoroutier, c'est une perte commerciale immédiate et une atteinte à la réputation de l'opérateur. Les centrales sérieuses intègrent donc :

  • Deux arrivées réseau indépendantes (idéalement depuis deux postes ENEDIS différents)
  • Un groupe électrogène de secours dimensionné a minima pour alimenter 2 stalls
  • Un système de supervision avec alarmes redondées (GSM + IP)
  • Des onduleurs UPS pour l'informatique et les systèmes de paiement

3. La gestion thermique des cabines de recharge

Les chargeurs DC 350 kVA dissipent énormément de chaleur — typiquement 15 à 25 kW par unité. Sans gestion thermique adaptée, la durée de vie des équipements est divisée par deux et les déclenchements en plein été par température extérieure sont fréquents.

Je spécifie systématiquement un calcul thermique pour les cabines de recharge : dimensionnement de la ventilation ou de la climatisation, orientation de la cabine par rapport aux vents dominants, choix de matériaux à faible absorption thermique.

4. Le pilotage de puissance dynamique

Sur une centrale HPC, tous les stalls ne peuvent pas charger simultanément à 350 kVA sans risque de dépassement de la puissance souscrite. Le Power Management System (PMS) est indispensable. Il alloue dynamiquement la puissance disponible entre les stalls actifs, en priorité ou en équité selon la configuration choisie.

💡 Exemple concret : centrale 4 stalls × 350 kVA, puissance souscrite 800 kVA. Si 3 véhicules sont présents, le PMS alloue 266 kVA à chacun. Si un 4ème arrive, redistribution à 200 kVA chacun. Aucun dépassement, aucune pénalité réseau.

5. L'intégration de la signalisation et des équipements périphériques

Une centrale HPC, ce n'est pas que des bornes. Il faut prévoir dans l'étude : l'éclairage de la zone de recharge (souvent intégré aux colonnes HPC), la vidéosurveillance, la signalétique directionnelle, les équipements de paiement autonomes, et éventuellement une borne de service (air, eau, café). Tout cela consomme de la puissance électrique et doit être intégré au bilan.

6. Les contraintes réglementaires spécifiques HPC

Les centrales HPC accueillant du public sont soumises à la réglementation ERP si elles comprennent un local d'accueil. Les règles incendie (détection, extinction, distances de sécurité) sont plus contraignantes que pour des installations BT classiques. Je coordonne l'étude avec les bureaux de contrôle dès la phase APS.

7. Le plan de maintenance préventive

Trop souvent oublié dans les études initiales, le plan de maintenance doit être spécifié dès la conception : accès aux équipements HT, fréquence des contrôles, contrats de maintenance préventive avec les fournisseurs. Une centrale HPC sans plan de maintenance, c'est une centrale qui sera hors service dans les 3 ans.

Vous préparez un projet HPC ?

Je réalise l'étude de conception complète : raccordement HTA, dimensionnement électrique, plans d'exécution, CCTP et accompagnement jusqu'à la mise en service.

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Guide technique

Dimensionner une flotte électrique : la méthode terrain

7 min de lecture Kevin Hamel Mars 2026

La question revient systématiquement dans mes missions d'étude pour les gestionnaires de flotte : "Quelle puissance dois-je demander à ENEDIS ?" La réponse n'est jamais simple, mais la méthode est reproductible. Voici comment je procède.

Étape 1 : Analyser le profil d'usage réel

Avant tout calcul, je collecte les données réelles d'usage de la flotte :

  • Nombre de véhicules et kilométrage quotidien moyen par véhicule
  • Horaires de retour au dépôt (distribution sur la journée)
  • Durée de stationnement sur site
  • Autonomie des véhicules et capacité des batteries

Ces données permettent de calculer l'énergie quotidienne à restituer et d'identifier les périodes de pointe de la demande.

Étape 2 : Calculer le taux de simultanéité

Le taux de simultanéité est le rapport entre le nombre de véhicules chargés simultanément au maximum et le nombre total de véhicules. Pour une flotte de livraison qui rentre tous les soirs entre 18h et 19h, ce taux peut monter à 80-90%. Pour une flotte commerciale aux horaires décalés, il descend à 30-40%.

📊 Exemple : flotte de 50 véhicules utilitaires légers (batterie 75 kWh, 80 km/j). Énergie à restituer : 50 × 24 kWh = 1 200 kWh/nuit. Avec 10h de charge disponibles et 70% de taux de simultanéité : puissance nécessaire = 35 bornes × 7,4 kW = 259 kW. Soit un raccordement BT de 260-280 kVA avec les marges.

Étape 3 : Intégrer le load balancing pour réduire la puissance

Sans load balancing, vous devez raccorder la puissance maximale théorique. Avec load balancing, vous pouvez raccorder 30 à 50% de moins, car le système répartit intelligemment la charge disponible. Sur l'exemple précédent, un load balancing bien configuré peut réduire le raccordement de 260 kVA à 160-180 kVA — soit une économie de 40 à 80 k€ sur le coût de raccordement.

Étape 4 : Choisir la puissance des bornes

Une erreur fréquente : installer des bornes 22 kW alors que 7,4 kW suffisent largement. Pour une flotte qui rentre le soir et repart le matin :

  • 10h de charge disponibles × 7,4 kW = 74 kWh rechargés → suffisant pour 250 km d'autonomie sur la plupart des VUL
  • Inutile de surcharger le réseau avec des bornes 22 kW si le véhicule est là toute la nuit

Étape 5 : Prévoir l'évolution de la flotte

Le raccordement ENEDIS, une fois réalisé, est difficile et coûteux à augmenter. Je dimensionne toujours avec un scénario à horizon 5 ans (électrification progressive de la flotte) et je prévois la réservation de capacité réseau pour la phase suivante.

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Réglementation

Décret IRVE 2023 : ce qui change pour les parkings

6 min de lecture Kevin Hamel Février 2026

La réglementation française sur les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) s'est considérablement renforcée ces dernières années. Le décret du 11 avril 2023 et ses arrêtés d'application ont élargi les obligations à de nouvelles catégories de bâtiments. Voici ce qui change concrètement.

Les bâtiments concernés par les nouvelles obligations

Depuis le 1er janvier 2023, les obligations IRVE s'appliquent :

  • Bâtiments tertiaires existants avec parking de plus de 20 places faisant l'objet de travaux importants (>25% de la valeur du bâtiment)
  • Bâtiments résidentiels existants avec parking de plus de 10 places lors de rénovations importantes
  • Constructions neuves : tous les bâtiments neufs avec parking, sans seuil de places

Ce que dit le décret exactement

Pour les bâtiments concernés, l'obligation porte sur deux niveaux :

  • Pré-équipement : mise en place des gaines, fourreaux et câblage nécessaires pour permettre l'installation ultérieure de bornes, sans forcément installer les bornes elles-mêmes
  • Équipement : installation effective des bornes, avec des pourcentages de places minimaux selon le type de bâtiment

📋 Taux minimaux : bâtiments tertiaires neufs → 20% des places équipées + 40% pré-équipées. Résidentiel neuf → 100% des places pré-équipées. Les taux augmentent progressivement jusqu'en 2030.

Les sanctions en cas de non-conformité

Le non-respect des obligations IRVE peut donner lieu à des amendes administratives et, surtout, à des refus de permis de construire ou de déclaration de conformité lors des travaux. Les bureaux de contrôle vérifient désormais systématiquement la conformité IRVE lors des réceptions.

Comment anticiper : mon approche

Dès la phase de dépôt de permis de construire ou d'autorisation de travaux, j'intègre l'analyse IRVE réglementaire :

  • Vérification de l'applicabilité du décret au projet
  • Calcul du nombre de places à équiper et pré-équiper
  • Dimensionnement électrique conforme aux arrêtés techniques
  • Rédaction du volet IRVE pour le dossier administratif

Cette approche préventive évite les surprises en phase de réception et garantit la conformité du bâtiment dès sa livraison.

Le cas particulier des copropriétés

La loi d'Orientation des Mobilités (LOM) de 2019, renforcée par les décrets de 2021 et 2023, impose également aux copropriétés l'obligation de ne pas s'opposer à l'installation d'une borne par un copropriétaire qui en fait la demande ("droit à la prise"). J'accompagne les syndics et gestionnaires dans la mise en conformité de leurs parcs de stationnement.

Votre parking est-il conforme ?

Je réalise un audit de conformité IRVE réglementaire et vous fournis un plan d'action complet : pré-équipement, équipement, dossier administratif.

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